Je ne suis pas raciste mais …

Je ne suis pas raciste mais …

vrijdag 31 mei 2019 16:29

Mardi après-midi, j’ai lu un post sur Facebook de Zuhal Demir, qui expliquait pourquoi elle souhaiterentrer en discussion avec le Vlaams Belang. Ce qui était frappant, ce sont les nombreux commentairesdans lesquels il était souligné que le Vlaams Belang et ses électeurs ne sont pas racistes.Immédiatement, j’ai pensé à cette phrase que j’ai entendue à l’infini quand j’étais adolescente lorsque jevivais à Genk: je ne suis pas raciste, mais …

Dooddoeners

Jean-Paul de Bendeghem (professeur de logique et de philosophie des sciences, de la VUB) et IgnaasDevisch (professeur de philosophie à l’Université de Gand – Ugent) m’ont enchantée, il n’y a pas silongtemps, avec leur série “De Dooddoeners” sur Klara. L’un des épisodes rentrait parfaitement dans lecadre du “je ne suis pas raciste, mais…”.

Il est suggéré une suite peu intrigante de la phrase car, vous,l’auditeur savez certainement bien qu’il y a un tsunami de déclarations racistes qui vont suivre. On tente,par l’utilisation du mot “mais”, à connecter deux états inconciliables les uns des autres. On utilise “je ne suis pas raciste mais” comme une invitation à fermer les yeux sur ce que l’on va dire en substance par la suite.

Après avoir lu des commentaires du type “Alleen maar de baten nemen, maar niets willen inboeten omdeel te nemen, kan gewoon niet !” (1) et “Vlaanderen terug Vlaams willen maken en enkel het kaf vanhet koren willen scheiden.” (2) , je crois que le racisme est très présent en Flandre. Je crois que les gensqui disent « Je ne suis pas raciste, mais » sont effectivement racistes. Je crois que le Vlaams Belang etses électeurs sont racistes. En même temps, je crois aussi que les gens ne sont pas nés racistes, maisdeviennent racistes. Et tout ce qu’on apprend, on peut le désapprendre.

Les politiques de ce gouvernement

Les politiques de ce gouvernement ont fait en sorte qu’une grande partie de la population ne peut plusse sentir en sécurité. Eurostat a calculé qu’environ 5 pour cent des personnes salariées etindépendantes dans notre pays vivent avec un revenu en-dessous ou qui se rapproche du seuil depauvreté. [40% des pensionné.e.s vivent le même drame.] Dans la réalité, ce pourcentage est supérieur,parce que ce chiffre ne prend en compte que le revenu global des ménages et pas les dépensescroissantes. La hausse des tarifs de location et la hausse du prix de l’énergie font en sorte que despersonnes qui travaillent sont poussées dans la pauvreté.

Les gens se retrouvent de plus en plus dansune situation précaire. C’est pour cela que les CPAS reçoivent de plus en plus de demandes d’aidefinancière concernant le paiement de factures venant des personnes avec un revenu du travail.Ce gouvernement avait promis plus de Jobs, Jobs, Jobs. Par contre, l’augmentation du nombred’emplois ne dit rien ni sur la qualité de ces emplois, ni sur la flexibilité à laquelle ces travailleurs fontface. Par exemple, un tiers des emplois réguliers dans l’industrie hôtelière sont remplacés par des« flexi-jobs ». Selon Christophe Vanroelen (Professeurs de sociologie VUB), des études récentes indiquent que, en particulier l’exposition temporaire et précaire de travail a un impact négatif sur la santé de l’homme.

Les couches inférieures de la population sont mises de plus en plus en concurrence entre elles afind’obtenir une part de plus en plus infime du gâteau. Être solidaire ou partager n’est plus un plaisir.Partager avec les autres est un défi, un fardeau même. Alors oui, les flux migratoires sontinstinctivement une menace pour ces personnes parce qu’elles craignent que leur part du gâteau ne serésumera bientôt plus qu’à des miettes ou même à rien du tout.Et Maintenant?

J’ai été autrefois une jeune Kurde de 16 ans, à Genk, et maintenant je suis aussi une femme Belge,mature et responsable. Je veux convertir ma responsabilité en quelque chose de positif. C’est dedémontrer à ces électeurs du Vlaams Belang que ce n’est pas à cause des « étrangers » qu’ils ont deplus en plus des difficultés à payer leurs factures. Que l’ on doit travailler ensemble pour préserver nosdroits sociaux et qu’une solidarité et une fiscalité équitables feront en sort que tout le monde obtienneune part juste du gâteau.Je vais mettre en oeuvre toute ma responsabilité en vue de convaincre tous ces gens. Pour qu’ilsréalisent et disent “Je ne suis pas raciste, point! ”

(1) Ne prendre que les avantages, et ne rien vouloir faire pour contribuer, ne peut tout simplement pas.(2) Faire redevenir la Flandre flamande et séparer le bon grain de l’ivraie.

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