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La position concurrentielle est une question patronale et non syndicale
La logique de la position concurrentielle est terriblement néfaste pour la conscience de classe. Par l'acceptation du carcan de la compétitivité, le syndicalisme est sapé dans son essence. Tous les ouvriers ont les mêmes intérêts, alors que le patron veut en faire des concurrents.
La position concurrentielle ou les besoins des travailleurs
II y a une différence radicale entre deux points de départ: soit la lutte concurrentielle capitaliste, soit les besoins et les intérêts de la classe ouvrière. Celui qui s'enferme dans la logique de la lutte concurrentielle est aspiré par la défense du taux de profit, de la productivité, de la baisse des coûts de revient. Il est pris dans le piège de l'intensification de l'exploitation ou du moins est acculé à la bienveillance à son égard.
Les syndicalistes combatifs renvoient les normes de compétitivité vers les quartiers généraux du patronat d'où elles viennent et étudient les chiffres de l'inégalité et de l'injustice sociale. Les syndicats font leur travail quand ils partent de la réalité des salaires, des conditions de travail, de l'exploitation économique croissante et non de la chasse patronale au profit.
Chantage permanent avec fermeture
Tout acquis du passé fut combattu par un patronat jouant le chantage de la fermeture et de la faillite. Le patronat fera toujours appel à la position concurrentielle: des revendications telles que la journée des huit heures, la semaine des quarante heures ont toujours commencé par des percées dans le front patronal. Si le patronat veut des conditions de concurrence égales, il n'a qu'à généraliser le plus rapidement possible ces percées.
Position concurrentielle = augmenter l'exploitation
L'enjeu de la position concurrentielle est l'exploitation maximale. Il est possible que des alliances avec le patronat pour la position concurrentielle offrent temporairement certains avantages tels que le maintien ou l'augmentation de l'emploi. Mais ces avantages sont doublement payés. On est plus durement exploité et une concession en amène une autre.
Car on perd sur le plan des rapports de force; c'est une faiblesse que le patronat ne laissera pas inutilisée. Il est donc fort possible que la victoire soit de très courte durée.
Le patronat ne connaît pas de gratitude mais seulement sa position concurrentielle. Ce qui constitue une victoire aujourd'hui peut se transformer en défaite demain, quand le patron voit l'occasion de produire encore à moindre coût ailleurs. Se modérer et céder n'offrent aucune garantie d'emploi ou de quoi que ce soit. Au contraire, toute faiblesse est exploitée tôt ou tard.
Position concurrentielle = guerre contre les travailleurs
S'identifier avec les intérêts patronaux est une déclaration de guerre aux autres ouvriers. Le délire atteint son sommet quand les ouvriers de filiales du même groupe sont montés les uns contre les autres. Ce qui entraîne des pertes pour les travailleurs de toutes les filiales. Dans une filiale, des emplois sont supprimés, tandis que dans la filiale « gagnante », les conditions de travail se détériorent. Ces conditions détériorées deviennent alors la nouvelle norme pour toutes les filiales, pour finalement devenir la norme pour tous les producteurs du secteur concerné.
Position concurrentielle = pillage accru du Sud
Depuis 1973, l'accord multifibres régissait le commerce international des vêtements et des textiles. Cet accord avait été conclu à l'époque par l'Organisation mondiale du commerce (OMC) afin de protéger l'industrie textile des pays riches contre les importations bon marché en provenance des pays à bas salaires. L'accord a pris fin vers 2005.
Epouser la position concurrentielle conduit à un plus grand pillage et à une plus grande soumission du tiers monde. Comment réagira-t-on quand les jeunes industries du tiers monde commencent à exporter, à exiger le transfert des technologies ou à protéger leurs marchés contre 'nos' monopoles?
Dans l'industrie du textile les patrons et certains leaders syndicaux forment un seul front contre la suppression des accords multi-fibres, telle qu'elle est exigée par le tiers monde. D'après la Banque Mondiale ces accords coûtent 8 milliards de dollars par an au tiers monde.
Positions concurrentielles = perte d'emplois
Plus de travail par une meilleure position concurrentielle? Dès le début le capitalisme a utilisé la concurrence entre les ouvriers pour des emplois. D'abord à l'échelle locale, puis nationale et, à présent, internationale. Qui travaille le plus et le moins cher 'reçoit' du travail. Ce ne sont donc pas de nouveaux emplois, ils sont toujours ravis à d'autres travailleurs.
Les frais de production ainsi économisés peuvent être employés demain pour rationaliser et pour liquider des emplois. Mais même si la modération ou l'aplatissement devant le patronat peut de temps à autres rapporter (temporairement) quelques emplois que l'on dérobe à d'autres ouvriers, neuf fois sur dix la 'position concurrentielle' sert à liquider des emplois par des rationalisations.
Compétitivité = spirale sans fin
C'est une spirale sans fin. Si tous les ouvriers se modèrent autant pour soutenir 'leur' patron dans sa position concurrentielle, la modération n'a plus aucun effet, sauf une augmentation générale du taux d'exploitation. L'avantage concurrentiel ne joue que dans la mesure où l'on est plus rapide que le concurrent. Puis la norme du plus grand exploiteur devient la norme de tous les exploiteurs. Il n'y a jamais d'équilibre ni de fin. Cette spirale ne peut être cassée que si les travailleurs se soutiennent mutuellement dans la résistance. (Citation pages 73-75)
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La première tâche du syndicat, c'est de développer la conscience de classe
La conscience de classe n'est pas uniquement une question de rapports de force dans la lutte économique pour l'emploi, le salaire, les conditions de travail. Il s'agit de se positionner en tant que classe face aux autres classes de la société.
Marx : le syndicat doit supprimer la concurrence entre les travailleurs
Dans la période d'origine du capitalisme, Marx considérait que la première tâche des syndicats était de briser la division imposée par le patronat aux travailleurs, et d'unir toute la classe dans une seule organisation. Ou, comme Marx le disait lui-même : "Les ouvriers doivent cesser de se considérer comme des concurrents entre eux, pour mieux concurrencer le patronat".
Le patronat utilisait la division des travailleurs en métiers, en usines, en secteurs et en régions pour acquérir une main d'oeuvre à bon marché, pour exercer un chantage sur les conditions de travail.
Aujourd'hui, le capital international profite d'une manière presque identique de la concurrence entre es ouvriers des différents pays. Le patronat 'internationalise, mais essaye, dans chaque pays, d'inciter la classe ouvrière à une guerre économique contre 'la concurrence internationale'.
Importance d'un esprit internationaliste
Une véritable conscience de classe est impossible sans esprit internationaliste, c'est-à-dire sans qu'on situe son propre combat dans le champ de bataille international, où le camp des peuples et des travailleurs, qui luttent pour la libération, s'oppose au camp de l'impérialisme et du capitalisme mondial.
Aujourd'hui, un ouvrier ou une militant syndical ne peut être conscient du sens véritable de la notion de classe ouvrière, s'il ne comprend pas les mécanismes essentiels de l'impérialisme et les contradictions qu'ils engendrent, s'il ne comprend pas les divers modes d'exploitation du tiers monde et le rôle que celui-ci joue dans la lutte anti-impérialiste. Il ne peut pas acquérir une véritable conscience de classe, s'il ne se rend pas compte qu'une grande partie des richesses occidentales provient du pillage du tiers monde, que le niveau de vie et le niveau technologique en Occident n'auraient jamais pu atteindre un tel degré sans l'exploitation des pays du Sud. Cette dimension est fondamentale, car elle conditionne toute l'orientation du travail syndical.
Éviter la collaboration avec « notre industrie »
Si le travail syndical ne tient pas compte de ce point de vue à tout moment, il perdra de sa justesse et de son efficacité, quels que soient les efforts consentis. Si l'on considère essentiellement la lutte de classe du point de vue de 'nos' entreprises, de la Belgique, et sous l'angle étroit du bien-être immédiat, on pourra difficilement éviter de s'engager dans la voie de la collaboration avec l'impérialisme belge, au détriment des intérêts du tiers monde - y compris ceux des immigrés et des réfugiés.
Cela revient inévitablement à poignarder dans le dos les travailleurs d'autres filiales ou d'autres pays. Car la meilleure manière d'obtenir les faveurs du capital, c'est de ne pas se préoccuper du sort des autres travailleurs.
Rejeter le chantage patronale
Plus qu'avant, le patronat exerce le chantage à la compétitivité et la 'menace économique' internationale. Plus que jamais, le problème principal des syndicats consiste à maintenir ou à acquérir une position de classe indépendante. A ne pas céder devant les chants de sirène de l'unité face aux envahisseurs étrangers, face à 'notre ennemi commun', qui menace nos emplois. (Citation pages 165-166)